mardi 27 février 2018

Marchak , Joseph et sa descendance



Un lecteur (professionnel de la bijouterie) m' écrit

Cher Monsieur
Je viens de terminer de lire votre blog tres interessant sur R Linzeler.
Je suis expert pres dune salle de vente en province et l'on m'a déposé une tres belle bague qui viendrait selon la cliente de chez Marchak, circa 1960.
Seulement il ny a que le poinçon de maitre visible et pas de signature.
Le style, le travail, me font vraiment penser que cest bien Marchak mais je narrive pas a mettre la main sur le poincon d'atelier de la maison dans les livres ou sur internet.
Sauriez vous me dire si vous l'avez par tout hasard? Je ne sais plus ou regarder...y a t'il un site internet dédié aux poinçons d'orfevre français?
Je vous joints une photo prise par mes soins qui laisse entrevoir le M mais bon.....?
Je vous remercie par avance de l'interêt que vous apporterez a mon email.

Bien cordialement,

Que je sache, il n'y a pas de poinçon de Marchak. 
Marchak faisait fabriquer. Il ne semble pas que, qui que ce soit, ait hérité d'archives des différentes maisons Marchak. A moins que !!
Comment pourrait-on honnêtement, certifier à un tribunal, en tant qu'expert, sous serment,  nommé dans une affaire judiciaire, que cette bague est de Marchak?   le poinçon "M" , le style? un design semblable? la lettre restante sur le poinçon est un E, pas un M. Il y a longtemps que les poinçons sont a l horizontale, et ne sont  plus à la verticale comme le disposait certains orfevres apres la révolution française.
Comment peut-on graver une bague "Marchak" 60 ans apres, sans comptabilité, sans traçabilité , sans savoir si ce n'est une copie puisqu'on n'a pas trouvé le poinçon. etc...etc...
Ceci montre la difficulté de l expertise ou de l estimation, j ai écrit un article sur Marchak , depuis la reception de ce mail d 'un joaillier.

https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2018/02/joseff-marchak-de-kiew-paris-et-ses.html


vendredi 9 février 2018

Une bague en platine, d'Aimé Arnould ...rare!!

Fabian De Montjoye

Pièces jointes 31 janv. (Il y a 9 jours)
À moi
Cher Jean-Jacques,

Dernier jour pour vous souhaiter une excellente année 2018 ! Plein de bonheur et de belles découvertes ! 

Je vous envoie en pièces jointes des photos d'une belle bague d'Arnould, d'un style différent de ses productions plus Art Nouveau.
J'ai lu un article que vous avez écrit sur lui, mais je n'ai pas vu d'exemple de bijoux de lui de ce style.
Vous pouvez le publier si vous voulez ! 
Je ne sais pas exactement le dater. 1925-30 ? 
La bague est en platine, diamants, onyx, poinçon tête de chien, signée en toutes lettres Arnould. Pas de poinçon de maître.
L'ouvrage prévu sur Arnould a-t-il été publié ? 

Bonne soirée


Fabian de Montjoye , c'est une joie des le matin de lire les mails de Montjoye, alors




J avais écrit un article il y a plus de trois ans , je vais pouvoir le completer , comme a chaque fois que des infos nouvelles arrivent, d autant que je le trouve important  cet Aimé Arnould, n hesitez pas a lire:


mercredi 7 février 2018

Mellerio, Fumiste ou franc maçon?

Un mail très court......

À moi
Cher Monsieur

Connaissez vous l immeuble marqué Mellerio Fumiste sur l esplanade des invalides
Ne trouvez vous pas ça marrant

Anastasia


Madame, 
Oui je connais cet immeuble  et ce qui est inscrit au dessus au dessus de la porte


Il est gravé dans le Marbre MELLERIO  40 Ter FUMISTE

Ce fut une maison de ramonage très connue et qui doit avoir un rapport (même lointain) avec les joailliers Mellerio de la rue de la Paix.




Un Mellerio fumiste en 1864 épouse Melle Pilloy, je me suis intéressé il y a quelques années aux Mellerio en contestant les 400 ans d'existence comme joailliers dont ils se parent, j avais donc gardé certains documents , les Mellerio étant très nombreux.
Au départ un certain nombre d Italiens étaient venus à Paris pour ramoner les cheminées, voir mon article de 2013 et les suivants.


Ce Mellerio en 1881 installé au 40 bis rue Fabert était déclaré en faillite, ils se nommaient Mellerio Frères (archives commerciales de la France)



Ce qui n empêchait pas de les retrouver comme fumiste en 1888 toujours rue Fabert et un autre (peut être un frère) comme poelier - fumiste 77 rue Vieille du temple.le rapport avec les bijoutiers




Mais le rapport avec les bijoutiers n'est pas facile a établir, Joseph Mellerio écrivit dans ses mémoires que deux catégories d'habitants de Craveggia étaient venues s installer en France, Les marchands et les Ramoneurs et Joseph précisaient que les Mellerio étaient des Marchands.
Difficile de faire confiance à la tradition orale.

Par exemple lorsque les Mellerio disent avoir fourni Marie Antoinette, Vever notre historien de la bijouterie ecrit  
" Trois années plus tard, au cours d'une tournée qu'ils firent à Versailles, JeanMarie étala ses marchandises sur la grande place du Marché, et recommanda à Jean-Baptiste d'aller du côté du château. Notre jeune marchand remarqua de suite que les grands seigneurs et les beaux équipages se rendaient à la Cour par la grille qui fait face à la grande avenue de Paris : c'est là qu'il s'installa avec sa petite table devant lui.
» La Reine Marie-Antoinette, revenant de promenade, remarqua ce jeune marchand rangé contre la grille ; elle donna ordre à une de ses suivantes d'aller voir ce qu'il vendait. La dame s'approcha de la petite table où les bibelots étaient rangés avec soin ; aussitôt le jeune colporteur fit valoir sa marchandise avec tant de persuasion que la dame d'honneur consentit à lui faire quelques emplettes." 
Mais Vever ne cite pas la Reine comme acheteuse  de bibelots, Vever n ayant que les déclarations d'un Mellerio!!!!!

Lorsque Vever ecrit: 
Nous avons dit que, pendant la Révolution, la colonie italienne était retournée en masse dans sa patrie. François Mellerio, resté seul à Paris, pour garder la maison de commerce, dut faire partie de la Garde nationale. C'est ainsi que, le 5 octobre 1793, se trouvant de garde à la Conciergerie, où Marie-Antoinette était prisonnière, il vit passer devant lui, à son retour du Tribunal révolutionnaire, la malheureuse Reine qui devait être guillotinée le lendemain !
Il doit être plus près de la vérité.

Donc il est dejà difficile de s'y retrouver pour les différents bijoutiers du nom de Mellerio,  alors les fumistes!!!!!



Voici par exemple une fiche que j ai découverte aux archives grâce a la BNF et son site Gallica, 
Nous somme bien en présence du bijoutier car il était bien 20 rue Vivienne ou il installa son magasin "A la Couronne de Fer"
Est-ce Jean Marie Mellerio, ou son père??? l un des deux était donc Franc maçon à la loge "les trinosophes et la loge de l Orient ou grand Orient

Dans son ouvrage Le secret de Bruges-la-Morte, Joël Goffin raconte

"Après la défaite de Napoléon à Leipzig, les troupes françaises quittent Bruges en février 1814. La même année, à Paris, Ragon est le fondateur et le Vénérable de la célèbre Loge parisienne Les Vrais Amis, dont il atteindra le grade suprême. Cette Loge est plus connue sous le nom de Trinosophes, un néologisme dont l’étymologie signifie « Trine-Une Sophie », référence explicite au livre attribué de façon légendaire au comte de Saint-Germain, La Très Sainte Trinosophie. Apparemment pourvu du don d’ubiquité, Ragon fait un moment partie du rite « égyptien » de Memphis Misraïm. Il aurait reçu les Arcana Arcanorum, c’est-à-dire les ultimes degrés (sur une échelle de 90 ou 95 !) qui donneraient une explication hermétique des rapports de l'homme avec la divinité par la médiation des esprits célestes"

A propos des fabricants de Mellerio:  Vever dans son histoire de la bijouterie.....

Il est difficile de parler de la maison Mellerio-Meller sans citer les Foullé, qui en ont été les collaborateurs pendant
trois quarts de siècle. L'atelier Foullé, qui peut être considéré comme l'atelier Mellerio, s'est organisé en 1797 et, à part une période qui va de 1836 à 1859, et pendant laquelle ce fut Ramsden, gendre de Foullé, qui le dirigea, on peut dire qu'on s'y succéda de père en fils. En 1859, c'est Henry
Foullé, petit-fils du fondateur, qui reprit la maison. Dessinateur fécond, très bon fabricant, il travailla exclusivement pour les Mellerio. D'ailleurs, ceux-ci ne négligèrent aucune occasion de reconnaître le mérite de leur collaborateur; ils demandèrent et obtinrent pour lui une médaille pour sa collaboration à l'Exposition de 1867, à celle de Vienne en 1873 et à celle de 1878. Depuis la mort de Henry Foullé (1882), c'est dans leur maison de la rue de la Paix que les Mellerio ont organisé leur atelier, et en ont confié la direction à M. Blanchet.

1. Un de ses deux fils, Raoul Foullé, a repris, en 1893, la maison Mac Henry et Pardonneau, rue Royale.


J espère vous avoir apporté quelques précisions , mais malheureusement aucune certitude

Commentaires ci-dessous ou vers mon mail : richard.jeanjacques@gmail.com

mardi 6 février 2018

Un nouveau livre: Henri Vever Champion de l'art nouveau




Une de mes lectrices vient de Publier un nouveau livre sur Vever: dans son mail elle m'écrit


Puisque votre blog est lu avec intérêt par de nombreuses personnes s'intéressant à l'histoire de la bijouterie (y compris moi!), auriez-vous l'amabilité d'y annoncer la parution, chez Armand Colin de mon ouvrage sur Henri Vever? Comme vous le savez je crois, il s'agit des cahiers privés que Vever a rédigés en 1898, avec ma préface, les notes etc. Je serais, par ailleurs, heureuse d'avoir votre avis là-dessus. Vous trouverez une description de mon ouvrage ci-dessous,que vous pouvez transmettre à vos lecteurs:
Le livre est en vente par Amazon.fr (même en version Kindle), par fnac.com, et directement de l'éditeur (srousseau@dunod.com). Je suis en ce moment chez moi aux Etats-Unis, mais j'imagine que le livre se vend en librairie également (mais je ne sais exactement où...)............Tout est dit!!

C'est avec plaisir que je signale son livre, c'est si dur d' éditer,  donc ce livre en voici une présentation


Henri et Jeanne Vevver


En 1898, le célèbre bijoutier-joaillier de la rue de la Paix, Henri Vever tient un journal. Promoteur de l’Art nouveau, il partage la ferveur pour ce « modern'style » de son contemporain René Lalique. Amateur d’art de renom, il fréquente les marchands et les collectionneurs les plus en vue. Vever est surtout un japonisant passionné.
1898 marque aussi un tournant politique. Vever suit de près l’affaire Dreyfus et se montre résolument anglophobe et américanophobe quand éclatent la crise de Fachoda et la guerre hispano-américaine. Friand des nouvelles « merveilles » techniques de son temps, il apprécie les photographies en couleurs des frères Lumière et le phonographe. Ce bourgeois parisien aisé assiste à une répétition de Cyrano de Bergerac, déguste des glaces au Café Napolitain, monte à bicyclette au bois de Boulogne, consulte des voyantes…
Cette chronique fascinante de la vie parisienne au seuil du XXe siècle constitue un témoignage précieux sur un moment charnière, pleinement vécu comme tel par un homme dynamique introduit dans les milieux parisiens les plus variés.

Qui est Willa??
Willa Zahava Silverman (1959) est un écrivain américain.

Après des études de premier cycle à Harvard , Silverman a reçu son doctorat en études françaises à l'Université de New York . Elle a publié des travaux comme la vie notoire de Gyp: Anarchiste de droite dans Fin-de-Siècle France (1995), une biographie de Sibylle Riqueti de Mirabeau -translated en français comme Gyp, la dernière des Mirabeau , avec une préface de Michel Winock -] et The New Bibliopolis: Les collectionneurs de livres français et la culture de l'imprimerie 880-1914 (2008). 

Son site : http://www.willazsilverman.com/

vendredi 2 février 2018

La tombe d'Oscar Massin en direct du cimetière Montmartre

Je viens de publier un excellent article sur mon blog et c'est la première fois que je publie un article réalisé par une autre personne
https://richardjeanjacques.blogspot.fr/2018/02/oscar-massin-dans-la-collection-royale.html

Cliquez sur toutes les photos pour agrandir

Je vous conte l histoire: 
Erick Shoonhoven d'Amsterdam, hier, me disait qu il ne savait pas ou se trouvait la tombe d Oscar Massin, un rapide coup de téléphone de ma part au cimetière Montmartre, un monsieur très aimable me dit qu'il ne savait pas de tête (plus de 20.000 noms) mais qu il cherchait et me rappelait , ce qu il fit rapidement (compliments)
Réponse:  9 ème division, 2 ème ligne, tombe n°1 avenue des anglais.
Bon, il y a bien google Maps ??? mais le cimetière!!!
Je fis un appel sur facebook et un copine de facebook me proposa d 'y aller, ce qu elle fit cette après midi


Le journal le Gaulois du 14 fevrier 1913, il est donc décédé le 13-02-1913?

Pas facile a trouver, même avec les côtes, donc Odile obtint une réponse très aimable de tout le personnel qui l accompagna, et là, devant la tombe , elle m'envoie un mail

Odile FULCHIRON odile.fulchiron@..........

Pièces jointes 17:16 (Il y a 1 heure)
À moi
Jean-Jacques,

J’ai dû vérifier avec la conservation que cette pierre tombale à moitié ensevelie était bien celle d’Oscar Massin!!! Aucune gravure lisible sur le dessus... J’ai pris une autre photo de la tranche... on aperçoit une vague gravure mais pas son nom.
Déconcertant
Odile




Merci Odile pour la photo
Que lit-on. Un N°, puis Année ....1890?? peut etre le N°  de la concession, tombe de ses parents? 


Photo par Erick Shoonhoven 



Il y a de quoi être déconcertée, ce grand créateur qui travailla pour nombre de Commerçants joailliers tels Mellerio n'a pas été, et n'est toujours pas cité par eux, il a travaillé pour des couronnes royales, et sa tombe est recouverte par la mousse verte de l'oubli. Il n'est pas pour l heure cité dans les personnalités inhumées au cimetière

Oscar Massin dans Vever

Alors que faire?, peut être alerter la fédération de la BJO rue du Louvre? pour  qu'elle demande l autorisation de la relever et de la nettoyer? 
Ceux qui y sont en odeur de sainteté devraient le faire!

Une consolation: Il ne serait pas enterré  loin de France Gall et Michel Berger la liste des personnalités enterrées a Montmartre




Oscar Massin

Il a dessiné beaucoup de bouquets , des petits, des gros bouquets , de temps en temps il en passe en vente comme celui ci dessous chez Sotheby's



Oscar Massin est né à Liège en 1829. Après son apprentissage de 1842 à 1851, il s'installe à Paris où il trouve un emploi de bijoutier. En 1854, il est promu chef d'atelier après que le propriétaire du magasin a découvert ses dessins. En 1855, il s'installe à l'atelier Viette où une commande importante est placée pour créer un diadème pour l'Impératrice Eugénie des Français. Massin a été chargé de créer le dessin pour ce travail qui comprenait le célèbre diamant «Regent». Avec huit collaborateurs, il a produit le bijou qui a ensuite été exposé à l' Exposition Universelle de 1855 aux côtés des Joyaux de la Couronne.
En 1861, il commence à dessiner de nouveaux modèles avec des motifs floraux et foliacés avec des montages très minces, presque invisibles. En 1867, il expose de nouveau à l' Exposition Universelle . Quand il ouvrit sa propre entreprise en 1869, il introduisit aussi des aigrettes papillon, serpent et bourgeon; De 1865 à 1870, il fut reconnu pour avoir fait la promotion du lustre dans les boucles d'oreilles. À la fin de sa carrière, son atelier comptait vingt-cinq ouvriers et ses dessins étaient souvent copiés. Il a travaillé jusqu'en 1892.






L entrée est 20 rue rachel paris


Oscar Massin