mercredi 15 avril 2026

En 1909 année de grands procès d'escrocs des Joailliers: L archiduc( Otmar-Karl Gubatta) et l archiduchesse. Lemoine, qui fabriquait des diamants.

En 1909 année de grands procès d'escrocs des Joailliers: L archiduc et l archiduchesse et Lemoine, qui fabriquait des diamants L'« archiduc» et la «comtesse» devant la correctionnelle Les deux escrocs de l'avenue Kléber, Gubatta, le faux archiduc, et sa femme, Sylvia Thcmson, veuve Van Reck, ont comparu hier devant la 100 chambre correctionnelle. Otmar-Karl Gubatta n'a pas encore tout à fait vingt ans, et déjà l'on ne compte plus ses aventures et ses démêlés avec la justice des deux mondes. Né à Linz, en Autriche, fils d'un petit fonctionnaire, il débute en escroquant sa mère, restée veuve, à l'aide de fausses lettrès. On lui a fait apprendre le métier de cuisinier et on l'a placé dans un hôtel, à Mayence. Mais ce sont de bien autres destinées qu'il rêve, et il quitte Mayence pour aller à Vienne essayer de faire du théâtre. La vie de plaisirs qu'il mène à Vienne le conduit à voler les bijoux de sa mère, et, comme on le menace soit de l'interner dans une maison de correction, soit de l'embarquer comme mousse, il s'esquive avec une cuisinière et part pour New-York. Gubatta n'avait encore que dix-sept ans. Peu après, il revient à Vienne. Mais, comme il s'y fait condamner pour avoir, en 1907, donné un faux état civil, il retourne en Amérique. Cette fois, c'est la Californie, le pays de l'or, qui l'attire. Il y débarque sous le nom d'Eugène comte Harrik et ne tarde pas à s'y faire condamr.er à 60 jours de prison et 60 dollars d'amende pour escroqueries. Sa prison faite, il prend le train pour San-Francisco, et, là aussi, il se fait arrêter, ayant encore usurpé un nouveau titre, celui de comte Hunach. Au cours de cette odyssée, il avait rencontré Sylvia Thomson. Elle était beaucoup plus âgée que lui trente-cinq ans. Mais elle lui apportait un concours précieux. Dans son enfance, elle avait eu pour amie une vraie duchesse. Depuis, elle s'était frottée au grand monde et y avait acquis assez de manières pour pouvoir, à l'occasion, tenir un personnage de grande dame. Tous deux, en janvier 1908, partirent pour l'Europe. A Paris, ils ne firent que toucher, juste le temps de louer à la Compagnie Routière une automobile qui les mena à Zurich d'abord, puis à Aussee, en Autriche, où ils louèrent, 5.000 couronnes l'an, la villa du docteur Edlinger, conseiller du tribunal suprême impérial et royal. En peu de temps, les dettes qu'ils avaient accumulées à Aussee provoquèrent des poursuites qui les obligèrent à déguerpir. Ils retournèrent en Amérique, où, sans formalités, à la mode du pays, ils se marièrent D'avril à août 1909, on les retrouve à Lausanne, où le propriétaire de la villa Florence, le bijoutier Granser et la comtesse d'Etchegoyen se plaignent d'avoir été escroqués par eux. Ils se décident alors à tenter le coup décisif à Paris. Ils y arrivent en octobre, toujours en automobile, et descendent à l'hôtel Continental, dans un appartement somptueux, bien entendu. Aussitôt, Sylvia Thomson va trouver la duchesse qu'elle a jadis connue, la duchesse d'Andréa, et réussit à. se faire présenter par elle au joaillier Fontana. Elle invite le joaillier à venir à l'hôtel Continental, et, lui montrant la photographie d'une princesse en habit de cour. Ma belle-mère, dit-elle, Son Altesse l'archiduchesse Maria-Josepha. Elle a les plus beaux bijoux du monde. Mon mari, l'archiduc Karl Heinrick et moi, nous voyageons incognito. C'est bientôt son anniversaire. Je voudrais, à cette occasion, lui offrir quelques bijoux dans des écrins à son chiffre. Le luxe de l'appartement, la photographie en costume de cour, les allures princières de Sylvia Thomson déterminèrent M. Fontana qui, le 15 octobre, livra au faux archiduc 200.000 francs de bijoux. Dans la partie suprême qu'ils avaient engagé, la première manche était gagnée. Sans perdre de temps, Gubatta et sa femme s'occupèrent de faire argent des bijoux livrés. Un bijoutier, M. Blum, leur acheta un rang de perles. Un autre joaillier, M. Chaumet, leur acheta une perle pour 7.000 fr. Dans le Journal La Lanterne le résumé d'une énorme affaire. L'affaire LEMOINE LE SECRET DE - L'INVENTEUR C'ETAIT UN MYSTIFICATEUR -L'identification des diamants. — Une disposition accablante. — Les confrontations d'hier. — Les dénégations de l'inventeur. — Le mémoire de la défense. On peut dire aujourd'hui que l'instruction de l'affaire Lemoine est virtuellement terminée. La preuve est faite que J'ingénieur alchimiste n'est qu'un ingénieux fu miste, qui a réussi à mystifier des hom. mes comme le gouverneur de la De Beers, des joailliers expérimentés, des financiers avisés et retors. Les témoignages recueillis hier, venant après la déposition décisive d'un des diamantaires qui avaient fourni à la maison Bourdier un stock de diamants bruts pour Mme Lemoine, ont levé tous les doutes. Lemoine est un mystificateur fort habile ; mais il n'a jamais fabriqué la moindre parcelle de diamant il n'a même jamais cherché sérieusement à en obtenir. Nous avons dit hier que Lemoine avait refusé de reconnaître les diamants apportés par M. Wernher, mais que plusieurs de ces diamants avaient été formellement reconnus par M. de Haan, fournisseur de, la maison Bourdier, comme étant bien ceux qui avaient été livrés à Mme de Rigny, aujourd'hui Mme Lemoine. Comment les diamants furent reconnus Nous avons demandé à M. de Haan si quelles particularités il a reconnu les diamants. — Ces particularités sont nombreuses et probantes, nous a répondu M'de Haan. Voici d'ail leurs exactement comment cela s'est passé : Dès que ja'i été introduit avec mes deux fit dans de cabinet du juge d'instruction, nous a dit M. de Haan, M. Le Poittevin m'a montré un lot considérable de diamants qu'il avait placé sur sa table. * ., - Pourriez-vous, m'a-t-il dit, reconnaître dans ce tas les diamants que vous avez vendus à M Bourdier en 1905 ? Depuis plus de quarante ans que je travaille le diamant, il m'en est passé par les mains d4 toutes sortes et de toutes dimensions, et voua comprenez que lorsque l'un d'eux porte quelque particularité. je n'ai pas à cberçber longtemps pour la reconnaître. Lorsque, en août 1905, M. Heng, de la maison Bourdier, me demanda de lui fournir une certaine quantité de diamants bruts, je me trouvais un peu. a court. D'ailleurs, je dois vous dire que je suis tailleur de diamants et non pas marchand de diamants bruts. Pour compléter la commande faite par M. Heng, je dus livrer use certaine quantité de diamants ayant subi un commencement de travail. Cela m'a permis hier de les reconnaître à coup sûr. Les diamantaires ont, en effet, chacun leur façon de procéder. Avant de procéder à la taille d'une pierre, nous l'examinons soigneusement. Si nous percevons un défaut, nous opérons ce que l'on appelle Je « clivage ». Nous recherchons le fil de la pierre, puis après l'avoir entamée, nous faisons sauter avec un couteau la partie où se trouvent les défauts. Or, nous avons retrouvé hier sur la table de M. Le Poittevin plusieurs morceaux « clivés que nous avions livrés à la maison Bourdier. Nous avons retrouvé également des diamants dans lesquels nous avions déjà pratiqué une facette. Parfois, en effet, au lieu de procéder immédiatement au clivage, nous ouvrons une facette afin de reconnaître à quelle profondeur se trouvent exactement les défauts constatés et de voir si ces défauts ne disparaîtront pas avec la taille. Après avoir ainsi reconnu les diamants que j'avais livrés, soit aux facettes que nous avions déjà taillées, soit à notre procédé de clivage, je les ai mis à part et j'ai dit au juge : « Ces diamants sont les miens ! Je m'étais fait accompagner de mes deux fils qui ont, eux aussi, reconnu nos diamants, et j'avais apporté nos livres afin de faire les vérifications nécessaires. M. Le Poittevin m'a alors demandé si on pourrait vérifier le poids. Un de mes fils est allé chercher une balance à carats. Nous avons pesé, en présence du juge, les diamants que nous avions reconnus, et en nous reportant à nos livres, nous avons constaté que le poids était exactement le même. — Pourriez-vous nous dire d'où provenaient les diamants que vous avez livrés ? — Ces diamants venaient de la mine de Jaggersfontein qui se trouve au Cap Je crois aussi pouvoir vous affirmer que les autres diamants qui se trouvaient sur la table du juge provienment également du Cap, de la mine de WesseJtoh. Mme Lemoine a déclaré que son mari achetait des diamants bruts pour les réduire en poudre, mais il existe à cet effet dans le commerce de petits diamants d'inférieure qualité à moins de 1000 francs le carat qu'il pouvait facilement se procurer. Comme on vient de le voir, M. de Haan affirme que les diamants fournis par lui provenaient de la mine de Jaggersfontein. Or, M. Verneuil, professeur de chimie au Conservatoire des arts et métiers, qui avait eu à examiner dans une autre circonstance des diamants que Lemoine prétendait avoir fabriqués, avait déclaré que ces diamants provenaient fort probablement de cette même mine de Jaggersfontein. Auditions et confrontations La déposition de M. de Haan fut accablante pour l'inculpé, et hier on estimait, au Palais de justice, que la cause était entendue comme on dit en langage judiciaire. Le pseudo-fabricant de diamants a bien essayé de parer le coup dans la journée d'hier, mais quelque énergie il possède, quelque habileté dont il fasse preuve. il lui est bien difficile de se tirer de ce mauvais pas. M. Le Poittevin a fait amener l'inculpé, à deux heures, dans son cabinet, et lui a donné connaissance de la déposition de M. de Haan. Lemoine, d'abord quelque peu interloqué, s'est vite ressaisi. M. de Haan a dit ce qu'il a voulu, a-t-il déclaré, quant à moi j'ignore, ainsi que je vous l'ai dit hier, si les diamants qu'il a examinés sont bien ceux que j'avais remis à M. Wernher. J'ai au contraire, toutes raisons de croire que ce sont des pierres que le directeur de la De Beers West lui-même procurées par ailleurs. » Le juge d'instruction a fait retirer Lemoine dans son arrière-cabinet, puis il a fait introduire M. Gardner. industriel au Tréport M. Gardner avait été pressenti au sujet de la prétendue invention de Lemoine à laquelle on lui avait demandé de s'intéresser. Lemoine s'était rendu au Tréport avec Moine, un de ses premiers associés, et avait procédé à des expériences dans les établissements de M. Gardner. On sait que, sur commission rogatoire du juge l'instruction, les creusets dont fêtait servi Inventeur avaient été saisis et on aurait constaté qu'ils avaient été truqués. L'inculpé, à qui des débris de ces creusets avaient été présentés hier. ne les .avait pas reconnus. ,. ► M. Gardner a été longuement entendu par le magistrat à ce sujet, puis il a été confronté avec Lemoine. M. Lemoine a été également interrogé et confronté avec l'inculpé. Ce dernier se sentant perdu prend désormais le parti de tout nier ; malgré les précisions qui lui sont opposées, il persiste à ne pas reconnaître les creusets, comme il n'avait pas reconnu hier les diamants apportés par M. Wernher. La défense de Lemoine a rédigé un mémoire pour sa défense. Ce document, écrit à la machine sur deux feuilles de grand format, a été communiqué à la presse par d'Ûzer, ;beau-frère de l'inculpé., Ce plaidoyer personnel n'apporte aucun fait nouveau. Il débute ainsi : Depuis deux mois de,l'instruction de l'affaire Wernher-Lemoine, il n'est actuellement encore résulté ..que les faits suivants. : Lemoine a incontestablement sorti du diamant de ses creusets. Parmi différentes personnes qui ont toutes assisté à plusieurs expériences et ont toutes, sceptiques d'abord, été convaincues ensuite, Wernher plus que tout autre, puisque Wernher lui-même a payé 1.600.000 tr pour assurer cette affaire. Les personnalités qui ont assisté aux expériences et qui sont MM. Alfred Beint, gouverneur à vie de la De Beers, actuellement décédé, sir Julius Wernher, Francis Oats, lord Armstrong, Franck Gardner et Willy Feldeinheimer, les personnalités, poursuit le document, ont pris les précautions les plus minutieuses. Ce document se termine ainsi : Et en supposant que Wernher ait été assez naïf pour tomber dans les pièges de Lemoine pourquoi n'y croit-il plus ? Lemoine s'est-il récusé ? Non, l'instruction démontre le contraire. Lemoine s'est-il sauvé avec l'argent soutiré à Wernher 'Non, encore puisqu'il est représenté au-delà de sa valeur par des biens et des valeurs immobilières que Lemoine ne pourrait emporter avec lui. Et alors, si Lemoine était un fumiste; dans quel but toutes ces manœuvres hardies et dangereuses ? Pourquoi n'a-t-il traité avec Wernher alors que ce dernier ne lui demandait par l'entremise de l'avoué Valeton au tribunal de Tarbes, que trois cent mille francs pour le désintéressement de toute l'affaire î Pourquoi, même sous la menace d'une plainte, Lemoine refuse-t-il de traiter ? Pourquoi lorsque cette plainte était déposée, Lemoine qui en avait copie et qui la connaissait ne s'est-il pas enfui ? Le document, communiqué au nom de Lemoine n'est pas, croyons-nous, de nature à beaucoup servir à la défense et, pendant toute la journée d'hier, on annonçait qu'un coup de théâtre allait se produire. On s'attendait à une arrestation Sensationnelle, à laquelle on devait, disait-on, procéder à l'issue des confrontations Les faux creusets. Après l'ouverture de l'instruction, un ingénieur avait soumis à M. Le Poittevin des croquis de creusets hypothétiques et. dans lesquels il avait imaginé un « truquage permettant d'expliquer les pseudo-expériences de Lemoine. Ce « truquage » consistait en Une cavité creusée dans la paroi intérieure — latérale ou de fond — du creuset, dans laquelle on pouvait introduire des diamants naturels, et que l'on bouchait ensuite avec une matière fusible, A une certaine température, cette matière aurait fondu et les diamants seraient tombés au fond du creuset, où les témoins de l'expérience les auraient ensuite « découverts ». On se rappelle, d'autre part, qu'un chimiste avait condamné cette hypothèse des creusets truqués, en disant que, de diamants naturels soumis. à la haute température d'un four électrique, il ne serait resté qu'une pincée de cendres. Lemoine, questionné sur ce point, â combattu, lui aussi, l'hypothèse des creusets truqués, mais par d'autres arguments. 11 a dessiné hâtivement un schéma de creuset de cette espèce et a écrit au-dessous : En outre que les parois auraient brûlé, il est impossible de placer des diamants de vingt carats sans faire un emplâtre considérable et qui ne pouvait manquer de laisser des ouvertures géantes dans les parois du creuset après l'expérience. Les joailliers partie civile M. Templier, président de la chambre syndicale de la bijouterie, orfèvrerie, joaillerie, s'est rendu chez M. Le Poittevin pour l'informer qu'il se portait partie civile dans l'affaire Lemoine. - Cette intervention est toute. naturelle, nous A-t-on dit au siège de la chambre syndicale- L'hypothèse qui avait semblé tout d'abord s'accréditer dans le public, à savoir qu' Henri Lemoine avait trouvé un procédé pour la fabrication artificielle du diamant, avait provoqué une, certaine émotion dans notre corporation. La, plupart d'entre nous possèdent d'importants stocks de diamants naturels qui subiraient une dépréciation désastreuse le jour où la découverte que prétend avoir faite Lemoine serait une réalité. Nous avons donc voulu savoir ce qu'il y avait d'exact dans les affirmations de l'inculpé. La loi de 1905 sur des fraudes nous en fournissait Je moyen. En 'effet, la loi qui concernait, les Supercheries en matière de joaillerie a été abrogée, et c'est celle de 1905 oui s'applique aux objets et pierres précieux. Or. on sait que cette dernière loi donne aux syndicats intéressés la faculté de se porter partie civile. il est probable que, lorsqu'ils firent la loi de 1905 sur les fraudes, nos législateurs ne se doutaient guère de l'interprétation qu'allait lui donner là chambre syndicale de la bijouterie. Ce fut une énorme affaire qui causa un grand préjudice à la professions Le 12 février1908, M. Templier reçoit d'un de ses confrères, qui a fait un voyage pour recueillir les doléances et examiner la situation, la note suivante: Depuis mon départ de Paris, j'ai beaucoup entendu parler de l'affaire Lemoine qui a partout jeté un doute fâcheux qui ne sera dissipé que lorsque la preuve aura été faite. Il est à souhaiter que l'action suive rapidement son cours pour que cette affaire se termine au plus vite. Les maisons les plus sérieuses (tel Fontan de Bordeaux) n'ont pas échappé à cette perturbation qui, dans l'état actuel des affaires, n'avait pas besoin de se produire. Le 10 mars 1908, M. Achdjian, diamants et pierres fines, 29 rue Drouot: Monsieur, Un négociant en diamants, actuellement arrivé des Indes anglaises, raconte avec peine que le mal que l'affaire Lemoine a causé là-bas à notre commerce comme partout ailleurs est lamentable, à tel point que personne ne veut acheter de brillants par crainte de sa fabrication comme rubis reconstitué. Le 10 mars 1908, M. Leroux, 8 cours du Boucq à Lorient (Morbihan), écrit à M. Templier : Je vous retourne cette fois encore votre choix intact. Vous ne sauriez croire le tort que cette malheureuse affaire Lemoine nous a causé, une quantité de personnes se figurant que cette sotte histoire doit faire baisser le prix du brillant. Des dizaines de lettres le Président déclare je me borne à vous lire encore celle de M. Rigaud, 15 Boulevard Saint-Martin: Monsieur le Président, Sachant que la Chambre Syndicale se porte partie civile au procès Lemoine, j'ai l'honneur de vous communiquer une lettre pouvant servir au débat et indiquant le grand tort qu'a causé ce monsieur à la corporation. Voici, Messieurs, la lettre communiquée par M. Rigaud et que lui avait adressée un de ses clients: Monsieur, Les diamants que vous m'envoyez ne peuvent me convenir, etc. La lettre se termine par ces deux lignes topiques: D'ailleurs, j'attends les expériences de Lemoine avant toute décision. Voilà donc où l'on en était! Dans la clientèle des bijoutiers, on attendait les expériences de Lemoine pour conclure des marchés ou exécuter les marchés conclus! En résumé Lemoine montrait devant tout un chacun qu'il fabriquait du diamant, il mit en péril toute la profession, ce fut une énorme affaire.

mardi 31 mars 2026

HERMES : Bracelet Chaine d'ancre fabriqué par ATLOR avec double poinçon de maitre et crabe.

 

A moi (mon lecteur tient à l'anonymat
C'est gentil merci.
Je ne connaissais pas ce bijoutier à Vannes, merci.
Ma question concerne un bracelet Hermès que je possède, plusieurs choses m'intriguent le concernant.
Ce qui m'intrigue c'est que :
Il possède 2 poinçons de maîtres differents au lieu d'un seul c'est à dire le poinçon d'Atlor, ainsi que le poinçon de Émile Hermes que je ne crois pas avoir déjà vu.
Le fait qu'il semble ne pas être en argent massif mais plaqué, on peut deviner à certains endroits usés par le temps un métal rouge en dessous (cuivre ? ).
Le fait qu'il semble y avoir 2 poinçons crabes, alors qu'il est plaqué et non en argent massif apparemment.
C'est le même bracelet Hermès que vous avez publié dans la section du fabricant Atlor, ou celui sur la photo du brevet Hermes de 1938 du bracelet chaîne d'ancre.
Je vous joins quelques photos.
Merci beaucoup
Bien cordialement,



Rassurez-vous, ce bracelet n'est pas en plaqué, mais en argent premier titre (poinçons crabe) les attaques du métal et une petite couleur jaune viennent d'une oxydation, peut être due a être rester trop longtemps dans l'ecrin et au contact de la teinture du tissus? Une bonne polisseuse vous rendra ce bracelet comme neuf , un coup de Ponce et du gris à polir.




Il y a deux poinçons de Maitre sur votre bracelet celui du fabricant la maison ATLOR, lisez:
https://richardcourrierdeslecteurs.blogspot.com/2023/05/le-poincon-de-la-maison-atlor.html
Chaque fabricant doit porter aux services de la garantie des métaux précieux, le fruit de son travail . S'il fournit une maison  de vente de bijoux, Il n'était pas nécessaire d'ajouter le poinçon d'Emile Hermès. Mais de plus en plus souvent   les grandes marques mettent leur poinçon de Maître sur les bijoux vendus mais fabriqués par un autre  fabricant. 
 

Brevet du bracelet chaîne d'Ancre de Hermès en 1938


En bas poinçon Atlor

Deux poinçons "Crabe" c'est pour le marquage à la longueur. Cela permettait aux services de la garantie de verifier si la longuer du bijou correspondait bien a ce qui avait été déclaré. Par exemple, un petit malin peut faire poinçonner un bracelet a 17 cm, et en faire un collier de 2 metres apres avoir rajouté des mailles   Avant 1961  le poinçon crabe et la tete de sanglier  etait appliqué pour les département  jusqu'en 1961 , depuis 1962 le le poinçon "tete de sanglier" est supprimé  et le poinçon "Crabe" est utilisé pour Paris et la province.  
De 0 à 5 cm un coup de poinçon a la position 1
de 5 a 25 cm , en garniture deux coups en suivant au 1 et au 2 etc etc 

Un commentaire  écrire à : richard.jeanjacques@gmail.com

 

lundi 30 mars 2026

Hermes: Poinçon tête de Mercure sur bracelet argent

 

 Bonjour Monsieur Richard, 

J'espère que vous allez bien, tout d'abord je te tenais à vous remercier pour votre travail et ce blog très intéressant pour les passionnés.  Je me permets de vous contacter car j'ai vu que vous répondiez à quelques questions et j'en ai quelques unes concernant un bracelet que je possède.

Ma question concerne les poinçons d'un de mes bracelets de Gaetan de Percin (sans doute fait pour Hermès), je reconnais le poinçon de maître en losange avec G ✝️ P, mais le bracelet n'a pas de poinçon tête de sanglier comme c'est le cas sur le 2eme bracelet identique que je possède également, ce bracelet fait la même taille que l'autre mais est bien plus lourd (125gr alors que l'autre pèse 80gr), les poinçons présents sont 2 têtes chevelues profil gauche dans un ovale, un autre poinçon profil gauche semble t il mais different moins chevelu et dans une sorte de carré, et un autre poinçon en forme de papillon /oiseau mais je ne suis pas sur, n'hésitez pas si vous avez des questions. 

Merci par avance, j'ai d'autres questions concernant un autre bracelet que je possède mailles marine avec le poincon EH d'Émile Hermes qui m'intrigue (Prototype ?) Dites moi si ça vous embête je comprendrai pas de soucis, bonne journée. 

Bien cordialement, 

Re Bonjour

C'est la Tête de Mercure qui a été insculpée de 1879 à 1994 et supprimée en l'an 2000. Entourée d'un cadre ovale vertical, le différent est sur le cou, a été utilisée pour exporter de menus ouvrages en argent d'un titre au moins de 800/1000ᵉ.

L'anomalie, c'est le poinçon de De Perçin (plutôt Olivier, fils de Gaetan) qui aurait dû être dans un ovale pour l'export. Puis-je le publier dans mon courrier des lecteurs en citant votre nom ou pas ? Merci.

Jean-Jacques

Mon lecteur me demande l'anonymat.


Poinçon tête de  mercure 
Cité dans l'excellent livre de Mike Fieggen "Les poinçons des métaux précieux de 1789 à ce jour
voir sur www.bijourégionaux.com


Poinçon d'Emile Hermes

Poinçon d'Emile Hermes et de Atlor


Poinçon de Gaétan De Perçin

La famille de Percin est une famille de la noblesse française subsistante originaire du Languedoc, anoblie par charge au XVIᵉ siècle. Elle compte parmi ses membres des parlementaires d'Ancien Régime, deux gentilshommes de la chambre du roi, deux maréchaux de camp et un évêque.

Origine La famille de Percin, qui est originaire du Languedoc, a pour ancêtre Bertrand Persin, reçu conseiller-secrétaire du roi au parlement de Toulouse en 1556. Il laissa deux fils, qui sont les auteurs de deux branches principales :

Bertrand Percin, écuyer et coseigneur de Seran, épousa en 1555 Antoinette de Baylet. Il eut avec elle un fils nommé Jean, écuyer, seigneur de Montgaillard et gentilhomme de la chambre du roi, qui s'allia en 1584 à Marthe Barrau, donnant ainsi naissance à une postérité. Jean Percin, docteur en droit, conseiller au Parlement de Toulouse de 1553 à 1562, qui épouse Marie de Léglise et en eut : Valentin, conseiller au Parlement de Toulouse en 1582, allié en 1585 à Jacquette de Bely, d'où postérité 

Noblesse La famille de Percin fut anoblie par charge de conseiller-secrétaire du roi au parlement de Toulouse en 1556[2] et de conseiller au Parlement de Toulouse en 1553-1582.


jeudi 5 mars 2026

Paul Dumont n'existe pas, c'est Pierre Du Mont et son fils Paul Du Mont

 La maison Mohs (excellente maison qui vérifie les sources de sa marchandise) m'a dit avoir cherché sur mes blogs Paul Dumont, et n'avoir pas trouvé. Ne connaissant pas de Paul, j'ai voulu rectifier une erreur.


Le poinçon qu'elle a trouvé correspond bien à un Dumont mais il y a une erreur d'orthographe trouvée sur de nombreux sites de ventes internet.  https://maisonmohs.com/
Poinçon de Maître : le symbole est à la verticale avec un 5 sur un V, et les lettres PD.
Cela correspond au poinçon de Pierre Du Mont (en deux mots) insculpé le 22 octobre 1907 à Paris.


Déclaré à la garantie des métaux précieux, 17 rue du Mont-Doré à Paris, était-il en étage ?
Puis il va s'installer 151 rue du Temple à Paris. 

Son affaire intitulée "La bijouterie artistique" est dans l'Azur de 1925 à 1933.


Il va encore changer d'adresse car en 1932 "Du Mont", bijoutier artiste, est installé au 16 rue Visconti dans le 6ᵉ arrondissement de Paris.

Dans l'azur de 1933, ou de 1936, a propos de son poinçon, il est noté "Du Mont (en deux mots) Bij. artiste Le chiffre 5 au-dessus, la lettre V en dessous (comme symbole) et les lettres P.D. C'est le poinçon de Pierre Du Mont, alors que tous les bijoux de style art déco sur les sites internet indiquent Paul Dumont.


D'ailleurs sur ses bijoux se trouve son poinçon de Maître, le poinçon de l'argent Tête de sanglier, et la marque "Du Mont"


Bracelet en argent noté sur Ebay : 
ANCIEN BRACELET ART NOUVEAU ARGENT MASSIF signé Paul DUMONT NÉNUPHARS NACRE 1900.

Alors que ce bracelet est Art nouveau, de "Pierre Du Mont" et ce sont des feuilles de ginkgo, ce ne sont pas des soufflures de perles, mais des perles naturelles du Mississippi.


Même indication de Paul Dumont, donc fausse : la date de 1910 correspond à l'Art nouveau et non à l'Art déco.



Mêmes erreurs : le site "Doux Baisers" explique: Broche Art Nouveau Paul Dumont en argent, broche Nénuphar.


Autre bracelet daté 1910 (raisonnable ) vendu comme étant de Paul Dumont avec une amazonite sur de l'argent.


1932 J'ai trouvé un Pierre Du-Mont qui vend des Etains d'art et qui était membre de la société des arts décoratifs et du salon d'Automne. Est-ce le même car il est noté au-dessus sans trait d'union ?


Pourquoi Paul Dumont est une erreur,  car Pierre Du Mont (en deux mots) est décédé en 1939, son poinçon sera biffé, mais il va être repris par son fils et est insculpé le 17 juin 1939, et c'est le fils qui s'appelle PAUL DU MONT. Or le style Ginkgo n'existe plus : en 1939, c'était Art Nouveau.


Que s'est-il passé pour Paul Dumont ? On ne le trouve plus après la guerre 39-45. Il n'est plus dans l'Azur, son poinçon non plus.

Un complément ? un commentaire, m'écrire à : richard.jeanjacques@gmail.com


vendredi 20 février 2026

Kirby Beard, une "colle" à résoudre




Bonjour M Richard,
Je me permets de vous envoyer ce mail, car j'ai en ma possession un objet sans doute fabriqué par Kirby,Beard and Co.
Comme vous le constatez sur les photos ci-jointes, il s'agit d'un étui en cuir, gradué, avec à chaque extrémité 2 sortes de mesures.
Je ne sais pas à quoi servait cet objet.Peut-être pourrez-vous m'en dire un peu plus ?
Merci de votre réponse.
Sincères salutations.
Édith JULIEN


J avais fait en 2024 un article sur la maison Kirby Beard
https://www.richardjeanjacques.com/2024/12/kirby-beard-des-origines-aux-superbes.html


J ai répondu a Edith mais peut être pourrez vous completer??,

Bonsoir Edith,
Une colle… mais:
Hypothèses les plus plausibles
1️⃣ Étui à cire à cacheter (très probable)
Les demi-cylindres servaient à loger des bâtonnets de cire à cacheter, parfois un petit sceau démontable.
La règle extérieure permettait l’usage de bureau courant.
Ce type d’objet correspond parfaitement aux accessoires élégants de correspondance vers 1890–1920.
2️⃣ Étui à crayons/plumes tubulaires Moins fréquent, mais possible :
crayons fins ,porte-plume démontable
3️⃣ Étui à cigare Peu probable :


25 cm est long pour un cigare standard.
et deux demi-cylindres séparés ne correspondent pas au format habituel, ce qui oriente vers la cire à cacheter. Format long et étroit
Compartiment protégé
Objet de bureau raffiné
Clientèle Kirby Beard : diplomates, aristocrates, hommes d’affaires C’était typiquement un accessoire masculin de correspondance élégante.
Datation probable 1900–1925.
Si vous pouvez me dire : le diamètre interne approximatif ?
présence éventuelle de traces de cire ? odeur résiduelle ?

C’est en tout cas un objet beaucoup plus intéressant qu’une simple règle.


Edith m'a répondu.

Merci beaucoup de votre analyse. J'avais consulté un commissaire-priseur qui ne m'a pas renseigné du tout. Il avait eu du mal à lire l'inscription "kirby beard". Et c'est moi, avec une grosse lentille, qui a pu lire cette inscription. Le diamètre intérieur des 2 tubes est de 17 mm. Je n'ai pas trouvé d'odeur particulière.

Dernière question : cet objet, a-t-il une valeur marchande et à combien l'estimez-vous ? Je vous remercie pour tous les renseignements que vous m'avez donnés sur cet accessoire très raffiné. Je vous souhaite une bonne journée.

Édith JULIEN



Si vous avez une idée??? richard.jeanjacques@gmail.com

Le poinçon OBUS de la garantie française des métaux précieux

 Je reçois le 20/02/2026 ce courrier. d'une expert en bijoux.

Bonjour Monsieur Richard, J’espère que vous allez bien.
J’aurais aimé savoir si vous avez déjà été confronté à ce type de poinçons sur un bracelet « paillettes » supposé de Georges Lenfant. On remarque bien le poinçon de maître, en revanche la marque « 750 » et les autres sont très étranges, ce qui me fait douter… Y aurait-il eu des faux poinçons GL ? Merci encore pour votre aide.
Bien à vous,

Charlotte Pechoux


Autant téléphoner à Charlotte pour lui expliquer que tout va bien.et que!!

Georges Lenfant fabrique son bracelet. Une fois terminé, il appose son poinçon de maître avec les initiales G. L. et comme symboles, un dé à emboutir et une aile d'oiseau. lire mon article sur LENFANT

https://www.richardjeanjacques.com/2022/10/georges-et-jacques-lenfant.html



1931 collection personnelle et une remarque !
Sur cette publicité de Georges Lenfant, en 1931, alors que tous (Azur, Paris Bijoux, la garantie, Rémi Verlet) décrivent "un dé à jouer, une aile d'oiseau", je constate que c'est un "dé à emboutir."
L'erreur, au départ, doit venir des services de la garantie.


Puis ce bracelet est vendu pour être exporté dans un pays étranger. Alors Georges Lenfant va apposer ces mêmes symboles et initiales, mais contenus dans un poinçon Obus, c'est-à-dire son poinçon de responsabilité en tant qu'exportateur.


Ouvrage de plus de 5 grammes, de fabrication française destiné à la vente à l'étranger, poinçon créé le 6 juin 1884, plusieurs fois modifié, qui n'est plus en service de nos jours.

Poinçon obus dans lequel est inscrit le titre sous sa forme de l'époque : I8 K, et le 750 va compléter l'explication pour le pays étranger recevant ce bijou.


Rappel historique

Le poinçon obus a été institué par décret du 6 juin 1884, puis modifié notamment en 1916, 1917 et 1921.

Il était destiné :

  • aux ouvrages à bas titre

  • fabriqués en France

  • destinés exclusivement à l’exportation

  • portant en haut la marque du fabricant

  • et en bas l’indication du titre (en K ou en millièmes)

Ce n’est donc pas un poinçon de maître, mais un poinçon  contrôle pour l’export.

Le système des poinçons français a été profondément modernisé au cours du XXe siècle, notamment :

  • réforme des garanties

  • harmonisation européenne

  • simplification des titres

  • mise en place du poinçon d’importation/exportation moderne

Aujourd’hui, l’exportation des ouvrages en métaux précieux relève :

  • soit du poinçon français classique (tête d’aigle pour 750)

  • soit du système de la Convention de Vienne (Common Control Mark – CCM)

  • soit des exigences propres au pays destinataire

Le poinçon “obus” tel qu’il existait fin XIXe – première moitié du XXe siècle a disparu.

jeudi 4 décembre 2025

Louis Wourms, puis Louis Wourms & J.Chavent,


Bonjour Jean Jacques,

J'espère que vous allez bien. Si vous avez le temps, pourriez-vous identifier le poinçon figurant sur une broche ? Je vous joins les photos.
Je vous remercie et vous souhaite une belle journée.
Bien cordialement.
Eva Duchateau  Eva'RT Bijoux
https://evart-bijoux.fr/


Voici son poinçon, les lettres L.W. et le symbole est un bouton de rose.

Nom : Wourms,  prénom : Louis, initiales : LW   Adresse : 78 avenue de Clichy
Profession Fabricant Bijoutier, lieu d'activités: 78 avenue de Clichy, Paris (75)
Symbole. Un bouton de rose : : Date d'insculpation (pour les orfèvres) : jeudi, 18 octobre, 1928 
Numéro du registre de la garantie (pour les orfèvres) : 5050.

Son père était venu de Lorraine à Paris, il était cocher.  Louis était né le 30 novembre 1887 à Paris, il est décédé à Dammarie-les-Lys en Seine-et-Marne le 24/02/1970, il avait 81 ans.


Cette ciselure rayon de soleil rappelle une influence japonaise (motifs « kiku », c’est-à-dire chrysanthème stylisé), découpes ajourées, les contrastes entre or jaune et gris, la géométrisation extrême sont bien du style des années 1925 à 1930.
Après avoir été associé à Charles Prince bijoutier, 103 rue Réaumur en 1920 pendant 9 mois, Louis Wourms va faire insculper un poinçon le 18-10-1928. Mais à sa demande son poinçon est biffé le 6/12/1929.  Il change de raison sociale et crée une société avec M. Jean Chavent. Ils insculpent un nouveau poinçon le 18-12-1929, à nouveau un bouton de rose avec les lettres W.C.


Pour information, le Poinçon de Priné et Wourms
Nom: Princé et Wourms  initiales : P & W  adresse : 103 rue Réaumur. Fabricants bijoutiers 
Personnes associées Princé et Wourms, symbole Un faisceau avec un gland et une feuille de chêne.
Date d'insculpation  18/03/1920. Numéro du registre de la garantie : 3059.    Date de biffage : 8 novembre 1920

En 1909 année de grands procès d'escrocs des Joailliers: L archiduc( Otmar-Karl Gubatta) et l archiduchesse. Lemoine, qui fabriquait des diamants.

En 1909 année de grands procès d'escrocs des Joailliers: L archiduc et l archiduchesse et Lemoine, qui fabriquait des diamants L'«...