Bonjour Monsieur,
Après avoir parcouru votre site, je me suis dit que votre expertise dans le domaine des poinçons me serait précieuse, puisque je m'interroge sur ceux de l'objet en argent ci-joint.
Le poinçon "A d R", la tête (minerve ? Cérès ?) tournée à gauche me laissent perplexe.
Par curiosité, si vous reconnaissez ces poinçons et que vous avez un tout petit moment pour me répondre, je vous en serais reconnaissant.
Recevez, Monsieur, mes meilleures salutations.
Vincent Folliot
Je ne pouvais penser à ce moment vers quelle aventure nous nous dirigions, je lui réponds.
Bonjour Vincent,J'ouvre mes mails, dans un premier temps je vous réponds au sujet de cet ouvrage intéressant.
Le poinçon avec une tête de femme, poinçon de forme ronde, est le poinçon de garantie qui a existé de 1819 à 1838.
Il faudrait le poinçon de titre, qui doit être pour l'argent "une tête de Michel-Ange tournée à droite dans un cadre octogonal" ou une "tête de Raphaël" dans un ovale et tournée à gauche.
Pour les lettres, je cherche et vous dirai si je trouve ce fabricant ou non.
À bientôt.
Jean-Jacques Richard
Je demande à Vincent.
Pourriez-vous essayer d'identifier le petit sigle en haut à gauche ? J'ai mis une flèche, c'est important car très difficile à trouver comme poinçon qui doit dater entre 1806 et 1838.
Sur un brûle-parfum ou un pot-pourri comme celui-ci, le poinçon de titre (probablement le Vieillard ou le Michel-Ange pour la période 1819-1838) se cache généralement à ces endroits précis :
Sur le rebord intérieur ou extérieur du couvercle (sur la tranche fine en métal).
Sous la base de l'objet, souvent dissimulé entre les pieds tripodes ou sur le revers du fond en argent.
Sur le montant d'un des pieds ou le long des fines galeries ajourées.
Sinon, c'est un brûle-parfum ? Certainement !
Bonjour,
Merci pour votre réponse. J'ai du mal à identifier le signe à côté des lettres. Initialement je pensais qu'il s'agissait d'un 3, mais non…
J'ai trouvé d'autres poinçons sur les pieds. Le symbole H1 se retrouve sur les 4 pieds. Et un autre sur un seul pied, dans un ovale,mais que je n'arrive pas à identifier…
Vincent
Le poinçon néerlandais représente un lion rampant (debout), tourné vers la gauche, avec le chiffre 1.
Il correspond au premier titre d'argent, soit 934/1000. Ce système est utilisé aux Pays-Bas à partir de 1814.
Et la « clef » qui lui est accolée est capitale.
La petite clef est, beaucoup plus probablement, la clef d'exportation néerlandaise.
Elle est utilisée à partir de 1853 et est frappée contre ou dans le poinçon du lion pour indiquer que l'objet est destiné à l'exportation. Elle permettait notamment le remboursement d'une partie des droits.
C'est bien la tête de Cérès française. Tête de Cérès, à gauche dans un cadre rond, garantie de gros ouvrages en argent. Paris 1819-1838
J'ai vérifié le point historique : sous l'Ancien Régime, le poinçon de maître parisien comporte normalement les initiales, le différent, la fleur de lys couronnée et les deux grains de remède ; c'est bien ce que décrit la documentation historique.
Mais le fait que les lettres ADR de cette pièce soient enfermées dans un carré est justement un élément qui mérite d'être distingué du poinçon d'Alexandre de Roussy que nous retrouvons dans le répertoire. Nous ne devons donc pas simplement dire : « Voilà le poinçon ADR de 1758 ».
Il s'agit d'une monture d'argent autour d'un élément en verre, donc le poids brut de l'objet ne correspond évidemment pas au poids d'argent. Mais le poids de la verrerie est supérieur à celui de l’argent, d’où ce poinçon carré différent du poinçon de maître habituel.
Là où cela se corse, c'est que nous découvrons des poinçons hollandais qui ont été en exercice plus tard que la tête de Cérès.
Vincent me signale :
Le symbole H1 se retrouve sur les 4 pieds. Et un autre sur un seul pied, dans un ovale, mais que je n'arrive pas à identifier… Vincent
Poinçon difficile à identifier : mais il est finalement en rapport avec la Hollande et nous éclaire sur sa date d'importation ou d'Exportation de Hollande. H1 dans un ovale, c'est le poinçon de l'essayeur hollandais Johan Daniël Houtman, actif de 1862 à 1900, pour de l'argent au 1ᵉʳ titre, 934/1000.
Au XVIIIᵉ siècle
Objet fabriqué par Alexandre de Roussy, le fils.
Le 13 septembre 1758, il demeurait rue de Gèvres, proche du pont neuf à Paris, sur la paroisse Saint-Jacques-la-Boucherie. Le clocher subsiste encore en entier, c'est à cette date qu'il est reçu "maître", cautionné par son père, maître, demeurant dans la même maison, il fait insculper son poinçon. Il habitera ensuite au 33 place de Grève, maintenant place de l'Hôtel de Ville, mais qui depuis le XIVᵉ siècle était le centre de la vie municipale. Son nom vient de la « grève » (étendue de sable et de gravier au bord de la Seine) où l'on venait chercher du travail, ce qui a donné l'expression française « faire la grève ».
Elle a abrité de nombreuses exécutions capitales du XIVᵉ au XIXᵉ siècle (comme Ravaillac)..1819–1838 L'objet est encore en France et reçoit la Cérès de garantie. mais avec les lettres du poinçon de maître dans un carré qui pourraient faire croire à une pièce d'orfèvrerie en métal argenté ou doublé, mais la règle impose ce poinçon dans un carré car le poids de verrerie est plus important que l'argent au 1ᵉʳ titre.
Plus tard, période imprécise, ce brûle-parfum suit son propriétaire aux Pays-Bas.
Il peut
très bien avoir été emporté par un ambassadeur, un
commerçant, un Français résidant temporairement aux Pays-Bas,
ou simplement avoir changé de propriétaire. Nous n'avons aucune
raison de supposer pour l'instant une importation commerciale.
Lors de son passage aux Pays-Bas, entre 1862 et 1900. Il reçoit le lion 1 + la clef, la clef servant à matérialiser la restitution de la taxe à l'exportation. et la marque de l'essayeur de métaux précieux hollandais "Mr. Houtman", la base des collections de la Ville d'Amsterdam, donne explicitement :
H1 dans un ovale = Johan Daniël Houtman, essayeur, 1862-1900.
La clef est une marque d'exportation néerlandaise, utilisée à partir de 1853 et frappée en association avec le poinçon de titre pour signaler qu'un objet était destiné à l'exportation.
Fabriqué à Paris au XVIIIᵉ siècle par Alexandre de Roussy, repoinçonné en France au XIXᵉ siècle, ce brûle-parfum est ensuite passé par les Pays-Bas, où il reçoit des marques permettant de situer ce passage dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Puis il réapparaît, deux siècles après sa fabrication, dans une écocyclerie, pour 40 euros.
Nous ne pouvons évidemment pas reconstituer le trajet exact de l'objet : les poinçons nous donnent des étapes, mais pas les noms des voyageurs.
Il reste encore des questions : dans quelles circonstances est-elle arrivée aux Pays-Bas ? Qui l'y a emportée ? Quand est-elle revenue en France ? Et que signifie exactement chacun des autres poinçons que nous n'avons pas encore réussi à identifier ?
Cette enquête n'est donc peut-être pas terminée.
Si certains lecteurs peuvent compléter, préciser ou rectifier cette histoire, je serai heureux de les lire.
richard.jean jacques@gmail.com


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Tres interessant periple, mais c'est Lucienne qui m'intrigue ..... Sa carriere dans les regiments africains fait plutot penser a une "cantiniere" et pourquoi '' n'a t elle pas voulu ette la marraine de .....Marine Le Pen ? Parce que c'etait une fille. . Etes vous vraiment certain de ce que vous dites ? ....
RépondreDe nombreux livres relatent la relation amoureuse entre Lucienne Arpels et Jean Marie Le Pen, ne serait ce que Eddy Plenel.
RépondreMais Christine Chombeau, dans son livre : Le Pen fille et père, ou Caroline Fourest dans son livre "Marine le Pen" relatent ce fait.
Jean Marie voulait Lucienne Arpels comme marraine, mais, elle avait posé une condition.
Que ce soit un Garçon....mais le Pen n'a fait que des filles
Lucienne est venue quand meme au bapteme
Passionnant ! Vous avez fait des recherches inouïes ! Merci...
RépondreDear Jean Jacques,
RépondreGreat article!
Bravo pour cette véritable enquête policière, très intéressante ! Et c'est
Répondreloin d'être un "petit article".
Toutefois, je suis surprise de voir mentionnée l'adresse du Carlton pour une
succursale VCA à Vichy. Je n'en ai jamais vu trace...
Bonjour Monsieur,
RépondreComment faites-vous pour être si productif !!!! :):)
C'est comme toujours un plaisir de vous lire
Sincèrement,
C'est une belle idee.... C'est un peu toute l'ETERNELLE errance du peuple juif.
RépondreVous m'épatez, autant de détails inconnu, mêmela famille ne sait pas tout cela.
RépondreContinuez, c'est un grand Feuilleton