jeudi 6 août 2026

LES MEMOIRES DE RENE SIM LACAZE le plus grand dessinateur de Van Cleef & Arpels


Mémoires de RENE SIM LACAZE, le plus grand dessinateur de Van Cleef de Paris.


Avertissement au lecteur: Cet article a été écrit le mardi 24 mai 2011, le 28 mai 2011, le livre a été retiré de la vente chez son éditeur Lulu.com et retiré du site Renesim.com, c'est pourquoi je me vois obligé de modifier cet article, non pour des erreurs de ma part, car j'ai eu le temps d'acheter le livre, mais parce que mes recommandations pour l'acheter deviennent nulles et non avenues.

Aux éditions  lulu.com
Cliquer sur toutes les photos pour les agrandir
René Sim Lacaze a écrit ses mémoires. Il avait de quoi raconter puisqu’il est né en 1901 et mort en 2000.
Il a été décrit par la famille Arpels comme le grand collaborateur de Madame Puissant Van Cleef et il est le seul qui écrit à son sujet le mot de « directrice artistique ».
Il dit de son deuxième prénom que, voulant participer à une exposition de peinture, il se trouva plusieurs Lacaze et qu’on lui demanda de se différencier, alors, comme sa fiancée de l’époque se prénommait Simone, il prit comme deuxième prénom…Sim.
bague dessinée  par RSLpour un serti mystérieux, a l'époque,
avec des  émeraudes , voir à la fin de l article


Point n’est besoin de superlatifs pour Renée Rachel Puissant/Van Cleef, la fille du créateur de la célèbre joaillerie de la place Vendôme, elle a prouvé en tant que patronne de la maison qu’elle avait du courage à la fois pour reprendre cette maison en 1938 à la suite du décès de son père et surtout pour avoir organisé la fausse aryanisation de la maison Van Cleef avant même que les allemands et les collabos vichyssois le réclament.
Comme de nombreux patrons français de confession juive, elle savait ce qui attendait son entreprise.


Ses cousins Arpels, ( pas tous, Esther Van Cleef était à Cannes et à la fin de guerre se réfugia à Embrun dans les hautes Alpes, Jacques Arpels et sa femme étaient à Cannes et n'ont quitté la France que le 9 mai 1944 pour passer la frontiére Suisse, prirent la poudre d’escampette vers les États unis en 1939 et 1940, pendant qu’elle organisait cette « Aryanisation –bidon » avec la complicité du Comte Paul de Leseleuc, son assureur qui lui aussi ne manquait pas de courage pour oser défier le Militärbefehlshaber in Frankreich et les séides du Maréchal Pétain .

En 1923 René-Sim Lacaze venait de terminer 26 mois de service militaire et décidait de faire le tour des grands joailliers de l’époque. Ce jour là il s’était préparé dès sept heures du matin et avait soigné sa tenue vestimentaire.
A Huit Heures, il arpentait la rue de la Paix, ayant pris sous le bras son carton à dessin, et … « Janesich, Lacloche, Cartier, Boucheron, Chaumet, Van cleef et Arpels furent les premiers à me recevoir »


Dans cet article, toutes les lignes en italiques sont recopiées scrupuleusement à partir des mémoires de René Sim Lacaze ," Joyaux et Confidences", vendues sur le site Lulu.com


 Enfin il est reçu chez Van Cleef par « Monsieur Puissant, gendre de Monsieur Van Cleef »
Révélations étonnantes pour un homme dont jamais la famille Arpels n’a parlé. Émile Puissant lui demanda « Pourquoi voulez vous entrer Chez Nous ?».
  
Quand on a pas de photos , on les cherche dans la presse de l époque
1936 dessins de René Sim Lacaze

Qu’importe, Émile puissant le reconvoque quelques temps plus tard pour lui indiquer des conditions de travail, tels « pas de semaine Anglaise » Il lui fut précisé qu’il devrait faire ses preuves dans les différents services tels que la manutention, mais « je ne l’écoutais plus, j’étais prêt à tout accepter »
Il rentra donc chez Van Cleef.

Si la duchesse a inspiré Renée Puissant pour ce collier
en 1950, c'est à titre posthume, Renée Puissant est
 morte en  1942

Je croyais que Monsieur Puissant n’était chargé que de la publicité, je ne puis vous dire que j’apprécie son travail de publiciste, mais à l époque c’était une révolution, dans mon livre « l histoire des Van Cleef et des Arpels » je cite ses publicités, mais René Sim Lacaze nous apprend dans ses mémoires qu’Emile Puissant « jouissait auprès de son beau père d’une confiance absolue, il était chargé de l administration générale de la maison » mais, et là il ne fait que conforter mon idée, celle d’une personne qui est baignée dans l’atmosphère de la maison Van Cleef depuis plusieurs mois, il ajoute :
« Il assurait la liaison entre tous les membres du personnel et avec beaucoup de diplomatie faisait régner, non sans mérite, l’entente nécessaire entre les vendeurs presque tous de la famille Arpels »

Du rené Sim Lacaze de 1937
Nous y voilà, enfin une personne qui confirme mes informations, Alfred était le fondateur de la maison, aidé financièrement par son futur beau père Mr Arpels, Salomon Lion, et non Salomon Charles, et les Arpels de la génération suivante sont entrés dans la maison par héritage (si je puis dire) après la mort de Salomon Lion le 24 novembre 1903  et grâce à leur sœur Esther et aux actions de Papa. 

Et René Sim Lacaze ajoute : "Souvent surgissaient entre eux des chamailleries qui se muaient en discorde. C’était au sujet d’un client dont les deux protagonistes revendiquaient la… propriété…La discussion s’intensifiait selon l’importance du client car les vendeurs, en dehors d’un fixe, étaient rétribués au pourcentage des ventes. L’enjeu était considérable……le débat devenait si violent que Monsieur Van Cleef lui-même devait intervenir pour calmer les esprits et régler le conflit "

 Plus avant dans son livre :

 « Chargé de l’ouverture et de la fermeture des coffres forts, Monsieur Puissant arrivait le premier le matin et était le dernier à s’en aller le soir, d’un dynamisme contagieux, il nous entrainait dans son sillage »

« Il fut à mon égard d’une bienveillance exceptionnelle et surveilla étroitement mon évolution artistique » 
Ainsi donc Émile Puissant fut le premier directeur artistique de la maison, car " doté d’un gout très sûr," 
En revanche lorsque René Sim Lacaze  écrit qu’Emile Puissant « fut le génial instigateur, en 1925 et les deux années qui suivirent, d’une vente exceptionnelle de fin d’année »
C’est une petite erreur de sa part car Émile Puissant commença ces ventes en 1921, et déjà depuis 1917, il faisait publier des publicités indiquant que chez Van Cleef la taxe de luxe était supprimée… bien entendu, les confrères qualifiaient ces ventes de …brocante….

René Sim Lacaze

Sauf que bien avant tout le monde en matière de joaillerie, Émile avait compris qu’il fallait se débarrasser des « nanars »

Une autre erreur incompréhensible de la part de René Sim Lacaze lorsqu’il prénomme madame Van Cleef, la femme d’Alfred, « Estelle », elle s’appelait et s’est toujours appelée au long de sa vie « Esther » mais la fin du livre de René Sim peut nous éclairer sur l’emploi de ce prénom.
De même  quand il écrit qu’Emile Puissant a eu un  accident fatal dans la « turbie », L’accident a eu lieu au Cap D’ail dans le virage de la teinturerie de Monaco. Est-ce pour rapprocher le virage ou est décédée Grâce de Monaco avec celui ou Émile puissant est rentré dans un arbre ? Lui aurait on suggéré?






Renée Rachel Puissant


Une photographie nous montre  René Sim Lacaze  avec toute l équipe de Van Cleef et Arpels indiquant la date de 1915, René Sim aurait eu 14 ans ? Allez, je pinaille, il y a tellement d'erreurs dans ce texte, mais cette photo, je l ai aussi… René Sim est allongé au premier rang a droite


René Sim Lacaze nous explique  qu’après la mort d’Emile Puissant, Madame Puissant vint au magasin prendre la direction artistique, cela parait logique, son mari venait de mourir, on lui trouvait une place, elle remplaçait son mari,  ce lui fut certainement bénéfique.

« Très vite je devins son principal collaborateur…elle fut pour moi la précieuse inspiratrice de projets audacieux...parfois hors de prix ce qui me valait les reproches de son père…et lui faisait dire…Lacaze, vous ne créez plus que des objets qui me coutent une fortune…..Mon étroite collaboration avec Madame Puissant faisait merveille : elle confessait volontiers qu’elle ne dessinait pas »


En effet Renée Rachel était infirmière de formation, comme sa maman et je suis satisfait que René Sim Lacaze confirme ce fait qu’elle ne savait pas dessiner.
« Lorsque certaines propositions de dessins nous parvenaient de l extérieur, elle me disait……c’est intéressant mais, Lacaze, arrange çà pour que ce soit du Van Cleef! »

Que ce soit pour l expo de 1925 (c’est Salomon Arpels qui fut décoré de la Légion d’honneur), ou la suite, le style Van Cleef c’était Lacaze.

René Sim Lacaze se maria le 6/6/1928 à l’Eglise Saint Roch a Paris, il eut la Surprise de voir  "Monsieur Van Cleef, Madame Puissant bon nombre de mes collègues parmi la foule assemblée " « l ensemble du personnel de la maison Van Cleef vint nous rejoindre et Madame Puissant me fit l honneur de danser avec moi quelques tangos, fox-trot et Charleston….Le lendemain nous partions en vacances bénéficiant de quinze jours gracieusement accordés par la maison Van Cleef et Arpels, car aucune loi ne contraignait le patronat français à cette libéralité. »




Il y a quand même des incohérences dans ce livre, ce qui est gênant car ce livre est une bible pour la société Van Cleef et Madame R.....


Page 118:


"En 1937..., Monsieur Saliere .....était  assisté du neveu de monsieur Van Cleef, Jules Arpels.....celui ci tomba gravement malade et dut rentrer précipitemment à Paris ou il mourut quelques jours après son retour"


     Jules qui se faisait appeler Julien est mort le 8/4/1964!!!! et enterré au carré juif du cimetière Montparnasse à Paris


Plus loin même page:
"Une troisieme personne  ravissante.....SL;, divorcée, nièce d'un célèbre peintre animalier ami de la famille Van Cleef....le lendemain mon épouse était là, accourue en hâte pour faire cesser ces marivaudages. Quelques mois plus tard, S.L, devint madame Saliere....j'appris pendant la guerre, qu'atteinte d'une encéphalite, elle avait mis fin a ses jours en se jetant dans la Seine."


Cette personne était S. Lehman la nièce de Jacques Lehman qui avait comme nom de peintre Jacques Nam, en effet grand peintre animalier, et aussi grand ami de Kiki, surnom d'Esther Van Cleef née Arpels, Jacques Nam est mort sans héritier connu, et sa nièce devint son heritière.
Elle mourut en 2009,  et le fond d'atelier de Jacques Nam a été vendu aux enchères à Drouot en 2010 par Maitres Chayette et Cheval


Lu sur internet:



La carrière de Nam atteint son apogée à partir de 1920 et jusqu’en 1940. L’animal reste son sujet favori, mais l’étude des rapaces, des chats et des singes s’ajoute à celle des félins Il intègre ses études et illustrations dans la décoration d’appartements parisiens, ainsi un ensemble
intitulé Singerie composé de panneaux décore le boudoir
de Madame Van Cleef.



 d'ou la vente de ce fameux portrait de Kiki, réalisé en 1954. Ce qui pose un problème, c'est la dédicace:


Portrait de Madame Van Cleef Aquarelle, signée en bas à droite J. NAM 1954 "à mon ami Kiki en souvenir d'un voyage à Mougins".
Il ne l'aurait donc pas offert à Kiki?  mystère.

Il est intéressant de lire sous la plume de René Sim Lacaze que: la Maison Van Cleef et Arpels était réfugiée à Vichy avec une partie de son personnel dans une vaste maison qui doit être celle ou Renée Rachel avait réinstallé VCA,  après avoir été chassée de l’hôtel du Parc avec les autres commerçants tous israélites, sauf Louis Vuitton qui prouva qu’il était un bon Aryen (non il n'y a pas de faute), tellement bon, qu’il créa une usine pour fabriquer les bustes officiels du Maréchal qu'on installait dans les Mairies etc..
En revanche madame Puissant n’habitait pas une suite à l hôtel du Parc, mais une chambre au Majestic la N° 364, (Je sais c’est le même pâté de maison, mais ce sont deux hotels très différents) et elle ne fut pas que "reléguée dans les étages supérieurs  et les combles", mais changée d’hôtel, elle fut accueillie au  "Queen’s Hotel d'Angleterre) ou elle mourut.

René Sim confirme ce que j’avais découvert,  Monsieur Roger Debled s’appelait Roger Levy  et  Monsieur Lacaze impute à Roger Levy Debled une lettre le licenciant, émanant du service du contentieux dirigé par monsieur Levy Debled.
Monsieur Lacaze revint à Paris plaider sa cause mais il se heurta à un « non possumus » c'est-à-dire « nous ne pouvons pas faire autrement » au passage il égratigne Monsieur Levy Debled a qui il avait fourni de fausses cartes d’identité pour lui et sa famille afin de leur éviter le port de l’étoile jaune et plus tard la déportation…
Il situe ce licenciement après la mort de Renée Rachel, mais ce fut bien avant.
Henri Laroze, expert comptable de la maison, a fait un rapport pour les allemands pendant la guerre 39/45  et il écrit
« Un ancien employé dessinateur, Monsieur Lacaze aux appointements de 8000frs par mois (2500€ de nos jours, mais le chef du contentieux n’en touchait que 6000frs), licencié en septembre 1940 est venu nous voir pour reprendre son travail. Comme il avait été licencié par Madame Puissant, gérante à cette époque pour des motifs que nous ignorons, nous n’avons pu donner suite à sa demande »

Or si savons par le dossier de l’Aryanisation que c’est Renée Rachel Puissant qui le licencia avec des indemnités, en revanche Mr Roger Levy Debled fut chassé de la maison par l administrateur le joaillier René Bry ( a l'époque rue Sainte Anne et après guerre rue de la Paix), au fait qu’il était juif.
Dans ce rapport très précis, il est ajouté :
« Aucun changement de personnel n’a été effectué depuis le 6/1/1941 sauf deux licenciements par ordre des autorités d’occupation, (ordre du 16/12/1940)
Monsieur Roger Levy dit Debled, israélite, chef du contentieux depuis 1923 aux appointements de 6000frs par mois.
Melle Perla, dactylo, israélite de parents polonais israélites, depuis 1 an environ, aux appointements de 800frs par mois, les deux employé ont perçus le traitement du mois en cours plus trois mois d’indemnités de congés et préavis »


De même page 137 il est ecrit qu'il s'était replié a Cuscute, je crois qu'il faut mettre cela sur le compte d'un faute de Frappe, car "Cuscute" est une  par la plante holoparasite(pas de chlorophyle)...en revanche le faubourg de Vichy c'est "Cusset"!!!

René Sim Lacaze qui avait croisé dans le métro Jean Goulet Mauboussin alors qu’il était en compagnie du Joaillier Sterlé, fut embauché par la Maison Mauboussin en 1941.
Il est étonnant de voir dans ce livre que nos grandes vedettes comme Michèle Morgan et Gérard Philippe ne furent pas touchées par la guerre, en revanche, dans le chapitre « l’atelier sous l occupation » il n’y a pas de quoi s’étonner a propos des contrôles des services de la garantie…ou alors tous les bijoutiers joailliers de France sont aussi « considérés comme des parias….peut être hostiles à l ordre nouveau ! » allons donc il en faut des contrôles dans un pays comme le notre, mais certains fonctionnaires manquent de discernement, mais en revanche, aux douanes actuelles, il en est de brillants qui nous protègent des importations sauvages.

Donc, c’est un livre qui nous apprend certaines choses...., 
Ce livre parle de sa vie avant et après son passage dans la maison Van Cleef, il parle un peu des personnalités pour lesquelles il a dessiné, sans tomber dans le style "Noblesse et Royautés ".
Fiche technique du livre:
CopyrightRené-Sim Lacaze (Licence de copyright standard)
ÉditionErste Ausgabe
ÉditeurFranz Hemmerle
Publiénovembre 27, 2009
LangueFrançais
Pages211
Pour Commander le livre:http://www.lulu.com/product/paperback/joyaux-confidence/6050599



En revanche, quand je lis sous la plume de Françoise Cailles que Renée Puissant a dessiné cela pour VCA, ....les mannes de René Sim Lacaze doivent se retourner.

Pour le serti invisible , je rappelle que c'est Alfred Langlois qui l'a découvert et a réalisé les premiers modèles, que ses ateliers ont été après, repris et  intégrés dans la maison Van Cleef et Arpels le 1/7/1932, leur sort a été réglé par l'Aryanisation, ci dessous texte sur cette reprise et une phrase terrible 
La Juive Mme Puissant





Bague dessinée par René Sim Lacaze pour du serti invisible je ne sais si elle a été réalisée à l époque  mais Salomon dit Charles, l'a fait breveter aux États unis. Pourquoi lui?, pourquoi pas la maison? Peut être pour se faire un peu d'argent, car en 1937, il est tellement insolvable qu'il revend ses parts aux autres associés de la famille.






A l'époque il n'était pas possible de réaliser du serti mystérieux/invisible avec des diamants, c'est fait de nos jours par la maison Van Cleef et Arpels , quelle technique, quelles qualités manuelles!

















René Sim Lacaze avait une fille, toujours de ce monde heureusement, elle a épousé un joaillier allemand important et c'est désormais son petit fils qui tient les rênes de la maison je vous indique le site du joaillier en ligne RenéSim

http://www.renesim.com/blog/historie-renesim/autobiographie-rene-sim-lacaze/

Un internaute de ses amis m'a écrit ceci
"Je suis né en 1937 à Paris, mais nous avons vécu avant la guerre à Boissy L’Aillerie, petite commune près de Pontoise. C’est là , après guerre, que j’ai connu René qui possédait une maison secondaire. Je me souviens que vers mes 12-13 ans René m’emmenait peindre des aquarelles avec lui ! Il peignait beaucoup. Et depuis nous sommes restés très amis."
D'après lui  René Sime avait deux fils Pierre et Bruno.

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Van Cleef & Arpels à Vichy en 1917 et 1940



« Cet article, initialement publié il y a plusieurs années et retrouvé grâce aux archives du Web, a été revu, complété et actualisé à la lumière de nouvelles recherches. » 
Van Cleef & Arpels à Vichy en 1917 et 1940

Cliquez sur toutes les photos pour agrandir.

Le charme des vieux plans d'architecte de Mrs Percilly et Brière qui créèrent l'architecture des magasins de province de Van Cleef. On peut y lire;
Mrs Van Cleef "S" pour Salomon et "J" pour Jules Arpels.
Vichy le 17 janvier 1917, une façade de 7 mètres 66 sur 4 mètres 25 de haut


Le maréchal revient de sa promenade, salue sa garde, il vient de passer devant le magasin de Vuitton et celui de Van Cleef & Arpels. Le maréchal Pétain, qui réside lui-même à l'hôtel du Parc, fait chasser la joaillerie ainsi que tous les commerçants juifs du bâtiment. Seule la maison Vuitton est autorisée à rester. 
Photo aimablement fournie par Mr Mouls

Sur la gauche l'entrée de Vuitton, face au Maréchal à droite de l'inscription Paris Londres Cannes Nice, le magasin Van Cleef & Arpels de Vichy, Vuitton est ouvert, on voit que VCA est fermé.

Lever des couleurs devant le maréchal au-dessus de l'entrée de l'hôtel "Du Parc et Majestic" Le premier magasin après les rotondes est celui de Van Cleef et Arpels.


Sur cette photo, le magasin de Vuitton, et plus haut celui de Van Cleef et Arpels, l'enseigne au-dessus du magasin, sur le fronton, a été enlevée, c'est maintenant le bureau de propagande du Maréchal.

Vuitton avait négocié pour rester en "vitrine" à l'hôtel du parc, il créa même une usine à Cusset (tout à côté de Vichy) pour fabriquer toutes sortes d'objets nécessaires au culte du Maréchal, dont le buste qui ornait toutes les mairies de France. Henry reçoit la francisque dès février 1942 (francisque créée par Robert Ehret, avant-guerre joaillier chez Van Cleef et ami d'Alfred Van Cleef qui a dû se retourner dans sa tombe). Il devient un intime du colonel Bonhomme, homme de confiance de Pétain, et participe officiellement au déplacement du Chef de l’État le 1ᵉʳ mai suivant à l’occasion de la fête du Travail.
Henry Vuitton aurait entretenu de fortes amitiés avec les officiers de la Gestapo, obtenant de devenir l'un des rares industriels décorés par l'Allemagne nazie, en remerciement de sa loyauté.

De nos jours, la tristesse


Il reste l'entrée principale, du béton à la place de la verrière, un fouillis architectural !!!!


Celui de droite devrait être le magasin Van Cleef & Arpels, celui de gauche Vuitton.

Quand les musées refont l'histoire, au profit des marques. Les conservateurs laissent les Marques faire l'expo comme ils l'entendent et signent, cautionnent , mettent leurs titres universitaires en avant pour donner du poids à des opérations publicitaires.

LE PASSÉ COLLABO DE LA MAISON VUITTON

Vichy, la ville où Madame de Sévigné, la célèbre épistolière, venait déjà prendre les eaux au XVIIᵉ siècle, vit s’ouvrir, en 1926, une boutique Vuitton. En pleines Années folles, quand la cité thermale était à la pointe de la mode et du luxe. Pas n’importe où, au pied du palace le plus en vue de la ville : l’hôtel du Parc. Celui-là même que, quatorze ans plus tard, le gouvernement du maréchal Pétain, devenu chef de l’État français, viendra occuper pendant toute la durée de la Collaboration. Des quelques boutiques qui occupent alors le rez-de-chaussée, une seule aura l’autorisation de rester, Vuitton. Les Saada et Lévy qui y possédaient un commerce de tapis seront chassés, comme les joailliers Van Cleef & Arpels et le magasin de nouveautés Barclay. A leur place, on installera le bureau de documentation et de propagande du nouveau régime. Alors pourquoi la boutique Vuitton a-t-elle été la seule épargnée ? Le patron de la Maison, Gaston-Louis, petit-fils du fondateur, est un « bon Français », acquis aux idées du Maréchal, rapporte-t-on au Dr Ménétrel, son secrétaire particulier. Par ailleurs, le savoir-faire Vuitton, basé sur l’artisanat et le travail manuel, rejoint une certaine idée du travail promue par la Révolution nationale. Henry Vuitton, le fils, gérant de cette boutique, est donc le bienvenu. Ainsi, assez étrangement, le nom Louis Vuitton inscrit en lettres noires sur les vitrines extérieures du rez-de-chaussée du palace fera partie du décor sinistre de Vichy durant quatre ans.

De ce rare « privilège », Gaston-Louis flaire l’opportunité commerciale à même de faire survivre l’entreprise tout en partageant l’idéologie pétainiste, comme nombre de grands patrons trouvant là leur revanche sur les événements de 1936. L’usine d’Asnières est réquisitionnée par les Allemands et « produit pour l’Occupant » quand la boutique de Londres l’est par les autorités britanniques. La famille est repliée à Nice où elle possède une autre boutique. Le commerce du luxe est globalement sinistré. Mais, par de bienveillantes entremises, la Maison Vuitton se retrouve à produire en série des objets artistiques à la gloire de Pétain, dont les bustes officiels, sur commande du bureau de Documentation et de Propagande qui gère l’image du Maréchal. À cette seule et unique fin, Gaston et Henry ouvrent même une usine à Cusset, non loin de Vichy. Pour un tel dévouement, Henry reçoit la francisque dès février 1942. Il devient un intime du colonel Bonhomme, homme de confiance de Pétain, et participe officiellement au déplacement du Chef de l’État le 1ᵉʳ mai suivant à l’occasion de la fête du Travail. Gaston lui-même est reçu quelques jours plus tard à l’hôtel du Parc pour parler affaires avec la garde rapprochée du Maréchal.

En avril 1943, Gaston réinstalle sa famille à Paris, divisée comme beaucoup en France avec ses deux plus jeunes fils, Claude (futur père de Patrick-Louis) et Jacques, qui penchent eux du côté du général de Gaulle, ce qui crée de vives tensions avec leur frère aîné Henry. Claude finira par s’engager aux côtés de la 2e DB tandis que leur futur beau-frère Jean Ogliastro, membre actif de la Résistance, survivra à la déportation. Le magasin des Champs-Élysées et l’usine d’Asnières, toujours sous contrôle allemand mais produisant semble-t-il toujours des malles Vuitton, reçoivent le même mois la visite bienveillante du colonel Bonhomme. À chaque fois qu’il remonte à la capitale, celui-ci ne manque jamais de passer une soirée avec Henry qui lui rend la pareille quand il redescend à Vichy. En janvier 1944, le colonel meurt dans un accident de voiture dénoncé comme attentat. Ensuite, alors que le régime de Vichy se délite, les activités des Vuitton demeurent sans trace. Et les archives de l’entreprise inaccessibles.

À la Libération, étonnamment, Gaston et Henry ne sont pas inquiétés et échappent à toute épuration. Claude reçoit la médaille de la Bravoure et de la Discipline. La famille Vuitton panse ses plaies, ses divergences entre soi et les affaires reprennent, Henry à la direction commerciale, Jacques à la direction administrative et financière, Claude à la direction de l’usine. Dans les années 50, la Maison Vuitton, comme si la guerre n’avait pas existé, reçoit une commande de l’Élysée pour un voyage officiel du président Auriol aux États-Unis. Henry, dans les années 80, publiera ses mémoires, en occultant délibérément la période de la Collaboration, sans pour autant renier semble-t-il ses idéaux 

D’après « Louis Vuitton, une saga française » par Stéphanie Bonvicini, éd. Fayard, 2004


http://www.louvrepourtous.fr/Scandale-Vuitton-au-musee,619.html#1


3 commentaires:

  1. Robert Ehret l'Alsacien mérite la Légion d'honneur, qu'est-ce qu'on attend ? ah oui, Mélanchon et le front de gauche ne sont pas d'accord !

    Répondre
  2. Bonjour,
    Je ne vois pas quoi répondre à votre affirmation. Pourquoi lui donner la Légion d'honneur ? pour son soutien inconditionnel à Pétain. Il me parait difficile de croire que ses amis Bonhomme et Lallemant n'aient pas su où allaient les Français chassés de Vichy. Donc Erhet devait savoir. Il a connu et vu tous les commerçants comme Levy, Saada, Van Cleef et Arpels chassés de l'hôtel où ils résidaient et travaillaient au prétexte qu'ils étaient juifs, il ne peut les avoir méconnus, il passait tous les jours devant le Parc et le Majestic. On fête a Marseille cette année la déportation de milliers de personnes vers les camps de concentration parce que le pouvoir de Vichy voulait détruire le Vieux-Port. Le capitaine Erhet avait peut-être l'occasion, avec le poste qu'il occupait, de savoir ce qui se passait, ne serait-ce que par Bousquet et le colonel Marty, ancien de chez Van Cleef aussi. Le gouvernement était concentré dans deux bâtiments. A-t-il essayé de prévenir la famille de Renée Rachel Puissant (son ancienne patronne) qu'elle devenait suicidaire ? etc., etc. Donc en quoi mérite-t-il la Légion d'honneur ? Pour avoir dessiné la Francisque, c'est un peu court ! Mais dites-m'en plus.

    Répondre
  3. Oh là, il ne faut pas exagerer, Erhet = gros et important collabo , l alsace n'a rien a voir avec cela, il a joué, il a perdu. D'après Richard, Marty a été réembauché après la guerre chez Van Cleef et Arpels ...le cousin de Bousquet embauché dans une entreprise Juive? On aura tout vu. Mais Ehret c'était pas un blanc bleu, pourquoi ne s'est il pas fait embaucher chez Vuitton après guerre , enters admirateurs de Laval et Pétain , ils se seraient compris.
    Allez don voir Mr Streicher sur:
    http://books.google.fr/books?id=UlhFmMGqL_IC&pg=PT256&lpg=PT256&dq=robert+ehret+alsace+joaillier&source=bl&ots=HjFIcclJWf&sig=ETfUEN-3_-Z56UXn9HqF85OiVpw&hl=fr&sa=X&ei=OvT-UNq0D5S20QWVhIHgDA&ved=0CDYQ6AEwAQ#v=onepage&q=robert%20ehret%20&f=false

    Répondre

Les Van Cleef et les Arpels: leur parcours de 1938 à 1946:

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