jeudi 6 août 2026

Van Cleef Joaillier: Qu'est devenue la "Minaudiere"



« Cet article, initialement publié il y a plusieurs années et retrouvé grâce aux archives du Web, a été revu, complété et actualisé à la lumière de nouvelles recherches. »



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Quand Alfred Van Cleef a acheté la "Pépinière" à Flins, le château se trouvait sur la route de "Quarante sous" comme on peut le voir sur la carte postale.
L'histoire de cette route est importante pour comprendre la suite.





Au XVIIIᵉ siècle, l'itinéraire normal de Saint-Germain-en-Laye à Mantes-la-Jolie suivait la rive droite de la Seine, en passant par Meulan. C'était la « route basse de Normandie », (par opposition à la « route haute » qui passait par le plateau du Vexin entre Pontoise et Rouen, suivant l'actuelle route nationale 14).
La traverse directe via Épône était alors un simple chemin. Les travaux de construction de la route ont commencé en 1772 et sont achevés une vingtaine d'années plus tard pendant la Révolution.
D’après Wikipédia, cette voie prit sous la Révolution le nom de « route départementale de 4ᵉ classe nᵒ 19 ». Elle devint successivement « route royale de 3ᵉ classe nᵒ 19 » sous la Restauration, puis « route nationale nᵒ 190 » sous la IIᵉ République (1848), puis « route impériale nᵒ 190 » sous le Second Empire et reprit son nom de « route nationale 190 » sous la IIIᵉ République.
En 1951, elle devint « route nationale 13 », échangeant son numéro avec celui de l'itinéraire de rive droite via Meulan.


Les communs du château
Cela concerne l’histoire d’Alfred et Esther Van Cleef.

Pourquoi l’appeler ainsi, car les pancartes sont toujours en place sur le bord de cette route ? Le registre des délibérations de la mairie de Saint-Germain-en-Laye le cite en 1835 :
« Entre 1827 et 1853, les Ateliers nationaux rétribuaient quarante sous le travail journalier des ouvriers. » Et ainsi « dans les années 1830, les habitants requis de toute l'Élection de Mantes recevaient une indemnité journalière de quarante sous pour le transport des matériaux destinés à l'entretien de la route. » Mais par ailleurs, « quarante sous représentaient la valeur d'estimation du mètre superficiel (m²) de terrain exproprié pour l'alignement de la route. »


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Qui était cette dame, et ce chien ?
Alfred Van Cleef changea le nom de son château et l'appela "Château de la Minaudière"
Y avait-il un rapport avec ses fameuses petites boîtes précieuses ?
Pas sûr… , il s'en rendit propriétaire bien avant.



Ainsi, en 1926, Alfred et Esther sont dans l'annuaire , Légion d'honneur tous deux, Croix de guerre pour Esther..


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Ils donnèrent de nombreuses réceptions, y compris chaque année la réception du personnel de la maison.



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On reconnait bien sur cette photo le perron de l'entrée du château, côté entrée principale vers la route de Quarante Sous, avec au milieu, sur la troisième marche, Alfred Van Cleef, et à sa gauche Jules Arpels.




Il y avait d'autres réceptions, dans ces années 1926/1930, on s'amusait comme sur cette photo de l'une de leurs soirées, Arlette Scali, dans son livre "Une vie pas comme les autres" édité chez Michel Lafon, nous révèle page 45
"Les Van Cleef avaient une propriété aux environs de Paris à Flins près de Mantes, cette maison s'appelait la Minaudière" comme leurs fameuses boîtes en or et en brillants. J'y allais avec Lucienne (Arpels) le week-end. Il nous semblait que tout le monde changeait de chambre, c'était une vraie pétaudière." Nous ne savions pas ce qui se passait. Vers quatorze ans, j'appris que tous les gens de ce monde étaient désassortis, Monsieur Untel était avec madame Y. Nous étions à la fois étonnées, attristées et démoralisées de voir une vie aussi amorale; c'était au moment de notre initiation religieuse."
La fameuse Lucienne se rattrapa plus tard puisqu'entre autres, elle fut la maîtresse de Jean-Marie Le Pen…



Alfred Van Cleef, mourut dans son château de Flins en 1938.
Il a été enterré au cimetière du Vieux Château à Nice dans le carré israélite.


C'est par hasard en triturant internet que je trouvais trois passages de livres.




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Une expropriation au château de Flins! Je mis plus d'un an à trouver, et c'est grâce à l'obligeance d'une archiviste de l'école nationale des Ponts et chaussées que j'ai pu comprendre cette expropriation pour cause d'utilité publique, travaux destinés à combattre le chômage.
J'ai reçu le dossier des annales des Ponts et chaussées.






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Je note au passage le nom de Madame de Maussion de Mongoubert, l'un des grands noms de l'histoire de France. L'un des derniers maîtres des requêtes du roi Louis XVI.





Voici le château de Charles Edgard de la Motte †1892 &1884 et Marie Joséphine Yvonne de Maussion-Montgoubert, expropriée aussi et qui depuis est devenue la mairie de Flins.

Il fallait créer une route de déviation de la nationale 190, la "route de quarante sous" et pour ce faire on créa la nationale 13, qui passa au travers des verdures des parcs de la Comtesse et d'Esther et Renée Rachel.
Esther Van Cleef, veuve d'Alfred, et sa fille Renée Rachel, veuve de Monsieur Puissant, fille unique et héritière d'Alfred Van Cleef, attaquèrent au Conseil d'État cette décision. Ce fut long.
Ce qui est étonnant, c'est la date de 1943 car Renée Rachel était décédée  le 12/12/1942 à Vichy et Esther Van Cleef était réfugiée du côté de Cannes !!!!



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On voit sur cette photo comment le parc a été coupé en deux par cette nationale devenue départementale 113
Avant la "Pépinière", c'était le "Château du Bois Bodin"






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Monsieur Jean-Louis Laze s'occupe d'une association de mémoire du patrimoine de Flins-sur-Seine et il me précise que cette vasque centrale qu'on voit sur cette carte postale a disparu et que le parc est réduit à une petite parcelle où subsiste encore un beau cèdre du Liban.
Par la suite,il m'a été confié que le château après-guerre était abandonné, et qu'une partie prit feu.
M. Laze me précise aujourd'hui qu'au moment de l'incendie pendant son abandon, le château appartenait à Mademoiselle Tonnarelli (qui avait une autre propriété en Corse) Racheté ensuite par la société d'assurances L'Abeille, il a été réhabilité en appartements.

Et c'est devenu la résidence de la Pépinière.





Ce sont les anciens communs.
C'est l'un des propriétaires de ces appartements qui m'a adressé les photos qui suivent.





Ce sont les anciens communs, on reconnait bien la façade, j'ai une pensée pour une dame charmante qui y habite que j'ai dérangée ce 08/02/2013.
J'espère, Sylvie, que vous apprécierez ce "post". Vous auriez tort de quitter ces "sylves champêtres".




Voici le petit hall d'entrée sur les marches duquel on voyait, plus haut, Alfred Van Cleef.





Le coté des communs.

Alfred Van Cleef était l'un des grands de la joaillerie française, son nom est resté au début d'une enseigne, mais il ne figure pas dans le livre de Vincent Meylan, si peu dans l'exposition sur la maison au musée des Arts décoratifs, il mériterait une rue à Flins !





L'autre façade, coté Parc


Pour une raison inconnue, le château de la Minaudière a repris son nom d'avant.
Dommage, cela aurait eu de la gueule une "résidence Alfred Van Cleef"


N'hésitez pas à me contacter ou à mettre des commentaires pour compléter cette histoire.

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